Pourquoi avoir choisi de porter vos moyens de simulation sur Linux ?
JMC - Cela participait d’un choix plus global d’affranchir le matériel du logiciel et d’une façon générale de ne plus dépendre d’un constructeur mais des standards du marché.
Et pourquoi avoir choisi l’implémentation PREEMPT-RT ?
JMC - Il nous fallait un système d’exploitation temps réel, le plus standard possible. Ce qui nous a conduit à écarter d’autres solutions comme XENOMAI ou RTAI et à nous orienter vers PREEMPT-RT.
Quelles ont été les grandes étapes du projet ?
JMC – Dans une première phase nous avons qualifié l’OS cible selon une grille de besoin et des spécifications précises, puis nous avons lancé les premiers déploiements, d’abord sur les simulateurs simples (validés en septembre 2007), puis sur des simulateurs complexes (validés en juin 2008 pour un déploiement en octobre).
Combien de temps a duré ce projet ?
JMC - Entre les premières phases d’étude et de déploiement, environ deux années et demie. Mais le projet est toujours en cours, puisque nous devons migrer progressivement de nouveaux bancs (ou traiter l’obsolescence des anciens) en fonction de l’évolution des programmes avions.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans ce plan de migration ?
JMC – Passée la phase de risque inhérente à la livraison de la première version – est-ce-que cela va fonctionner réellement conformément aux attentes – la seule véritable difficulté ensuite porte sur l’anticipation de l’ensemble des effets « induits » consécutifs à la mise en place d’un nouvel OS. Mais cela a été assez vite surmonté.
Quelle était l’importance de ce projet ?
JMC – Nous avons l'objectif de déployer une vingtaine de moyens de simulation principaux et une trentaine de bancs secondaires, ce qui n’est pas un mince enjeu à notre échelle. Tous ces installations participent au test et à la validation des systèmes de pilotage de nos avions.
Êtes-vous satisfaits de la collaboration avec Open Wide Ingénierie sur ce projet ?
JMC – Open Wide Ingénierie nous a aidé à chaque phase du projet, d’abord pour la validation de l’OS, puis pour son installation et enfin pour la réalisation d’un ensemble de bibliothèques d'abstraction pour limiter les développements lors du portage de nos applications.
Ils sont experts sur ces technologies et proches des communautés de développement du libre, c’est une des raisons pour lesquelles nous les avons sélectionnés sur ce projet.
Jean Marie Calluaud est responsable logiciel projet rénovation moyens de simulation temps réel pour Airbus

